Dans les Rues de Paris

Où sont les Antillais à Paris ?

(Toponymie ultramarine non exhaustive)

En raison d'une communauté dispersée, il n'existe pas réellement de quartiers antillais à Paris (pas même carribéens ou plus largement créoles) comme il y aurait des quartiers asiatiques dans le 13eme (Av. d'Ivry/Choisy), les 19/20eme (Bld/Rue de Belleville). Il est plutôt question de lieux ponctuels associatifs, festifs (ex-"bal nègres", boîtes de nuit) ou de quartiers fréquentés par les Antillais et notamment les quartiers populaires pré-cités, avec St-Denis en banlieue, pour leurs (super)marchés exotiques. Pour la coiffure/beauté, c'est le Bld de Strasbourg et son épicentre 'Chateau d'Eau' dans le 10eme.

Les régions d'Outre-Mer :

Sous la jeune IIIéme république (1877), 2 îles à sucre se voient associées à 2 rues adjacentes du 18eme : Rue de la Martinique qui débute... au 6 Rue de la Guadeloupe. Le autres futurs DOM seront affectés tardivement à "l'exotique" 12eme : Boulevard de la Guyane (1962) puis la Place des Antilles (1986) et enfin la Place de l'île de la Réunion (1987) pour le dernier DOM qui n'avait pas encore eu sa rue parsienne.

En 1961, la Place Port-au-Prince (13eme) fait implicitement référence à Haïti, l'ancienne colonie Saint-Domingue "Perle des Antilles"

Les personnalités historiques :

La dénomination des rues est sensible aux contextes historiques et à la couleur politique de la majorité municipale. Connaître ces éléments permet d'appréhender les différentes politiques de mémoires au fil du temps : hommage aux militaires ou explorateurs coloniaux, aux figures communardes/versaillaises, héros de la Libération, réponses mémorielles, plus large place aux femmes (3% du nom des rues en 1999), etc.

Sauf erreur, il semble que la première rue qui subsiste et identifiée à l'Outre-Mer ne pouvait être attribuée qu'à un acteur majeur de l'exploration occidentale, préalable à la colonisation : la Rue Christophe Colomb baptisée en 1867 sous le Second Empire dans le 8eme.

Dans ce même arrondissement et à cheval sur le 1er, la Rue Richepance fut dénommée dés 1807 lors de son percement, du nom du général bonapartiste chargé de mater la rébellion anti-esclavagiste guadeloupéenne en 1802 et décédé sur l'île de la fièvre jaune en sept. 1802. La Rue Louis Delgrés dans le 20eme (1996), du nom du leader de la rébellion, rappelle la résistance de cet officier qui se suicida avec 300 de ses compagnons d'arme en mai 1802 lorsqu'ils furent pris au piège par les troupes de Richepance ("Vivre libre ou mourir").

Quant à Antoine Richepance, il perdit sa rue en 2002 en faveur d'un fils d'esclave guadeloupéen : la Rue du Chevalier de Saint-George.

Ce dernier aura sous ses ordres l'un des futurs généraux de la Révolution Française, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie (Gnrl Dumas) également mulâtre, de Saint-Domingue et qui n'aura pas de rue à son nom mais une descendance fameuse (2 écrivains Dumas, père & fils).

Un autre personnage de la Révolution Française se verra cité en 1880 dans le 6eme, il s'agit de la Rue de l'Abbé Grégoire, nom de l'ecclésiaste éclairé et anti-esclavagiste.

Si l'esclavage fut une première fois abolie 04/02/1794 et rétablie - de fait - par Bonaparte par la loi du 20/05/1802, nous devons l'abolition définitive à la faveur d'une autre Révolution, celle de 1848. Dans la mémoire collective, Victor Schoelcher est indissociable de l'application du décret du 27/04/1848. La Rue Schoelcher lui rend hommage dés 1894 dans le 14eme et sera renommée Rue Victor Schoelcher en 2000.

Rendez-vous annuel touristique, et dans une moindre mesure communautaire, la Foire de Paris consacre une importante surface d'expo. aux stands de l'Outre-Mer.

La brasserie "La Rhumerie" (Bld St Germain - 1932) et le restaurant "La Créole" (Bld du Montparnasse - 1955) cultivent le charme exotique suranné dans un décor colonial privilégié. En dehors de ces institutions (et des caves à rhum), il y a bien d'autres lieux gastronomiques créoles...

Les rues de Paris, principalement dans le 12eme, rendent également hommage aux administrateurs coloniaux. De façon générale, le 12eme arrondissement concentre également les dénominations liées aux explorateurs, militaires et missionnaires du 2nd espace colonial français (qui débute avec la conquête de l'Algérie en 1830 mais évoluera surtout avec les conquêtes africaines et indochinoises de la IIIeme République). Cette concentration s'explique par la tenue en 1931 de l'Exposition Coloniale à la Porte de Dorée, à l'orée du bois de Vincennes.

Un palais y a été aménagé afin d'y abriter sous différentes appellations : le "Musée des Colonies" (1931), "Musée de la France d'Outre-mer" (1935), "Musée des Arts Africains et Océaniens" (1960, contexte 'décolonisation') et enfin "Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration" (2007).

Zoomez, survolez les différents repéres

Dans le 12eme Arrondissement , 2 gouverneurs de la Martinique :

La Rue Fernand Foureau (1932), explorateur du Sahara, gouverneur de Mayotte & des Comores.

La Place Félix Eboué (1946), gouverneur né en Guyane, rallié de la 1ere heure à la France Libre.

La Rue Eugénie Eboué (1977), rend hommage à la députée et sénatrice (épouse de F. Eboué).


Félix Eboué était diplomé de l'Ecole Coloniale (ancienne 'Ecole Nationale de l'Outre-Mer') dont les bâtiments ré-affectés à l'ENA sont à quelques métres de l'Esplanade Gaston Monnerville

(2006) dans le 6eme et attenante au Jardin du Luxembourg (domaine du Sénat).

Comme Félix Eboué, Gaston Monnervile est né à Cayenne et a exercé de hautes fonctions dont celle de Président du Sénat (ce qui le positionnait comme le 2nd personnage de la République aprés le Président, une premiére pour un ultramarin... et toujours inédite depuis).

Les pionniers de l'émancipation :

- Rue du Cmdt Mortenol (1984, 10eme), 1er Noir reçu à Polytechnique et défenseur de Paris.

- Rue Gerty Archimède (2006, 12eme), 1ère avocate antillaise, 1ère députée guadeloupéenne.

Les personnalités artistiques :

- Place Jenny Alpha (En projet, 15eme), Chanteuse, Comédienne et Résistante.

- Aimé Césaire, Homme politique et de lettres :

  Collége (2011, 20eme) ainsi qu'une future station du métro Ligne 12 (2017, Aubervilliers)

A noter, à propos des personnalités afro-américaines : Place Louis Armstrong (1992, 13eme), Place Joséphine Baker (2000, 14eme) et Piscine Joséphine Baker (2006, 13eme)

...Guyanaises... ...Guadeloupéennes...

GENEALOGIES BOUTRIN

Lignées Martiniquaises...

...et d'Ailleurs.

...Métropolitaines...

Contact : Genealogie@BOUTRIN.fr

Vous voyez une version text de ce site.

Pour voir la vrai version complète, merci d'installer Adobe Flash Player et assurez-vous que JavaScript est activé sur votre navigateur.

Besoin d'aide ? vérifier la conditions requises.

Installer Flash Player